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Histoire des relations franco-iraniennes -XIXe et XXe siècles

• 21/4/2008 -

Mission du Gal Gardanne Relations de la France avec la Perse de 1807 à 1810.

 

 

 

Le traité de Finkenstein du 4 mai entre la France et la Perse est le seul traité politique que soit jamais intervenu entre ces deux puissances . Il était dirigé à la fois entre l’Angleterre et la Russie, contre l’Angleterre à laquelle le Roi de Perse s’engageait à déclarer la guerre et à la faire immédiatement; contre la Russie dont l’Empereur ne reconnaissait pas les prétentions sur la Géorgie, province qu’il reconnaissait au contraire étant légitimement à la Perse. Par d’autres articles, le Schah prenait l’engagement d’employer son influence sur les Afghans pour les déterminer à attaquer l’Angleterre et de donner passage sur son territoire  à l’armée que l’Empereur des Français voudrait envoyer contre l’Inde anglaise. La stipulation relative à la Géorgie était la plus  précieuse pour la Perse, elle était même la seule qui lui fut utile , les autres ne lui imposant que des charges : elle fut aussi la première violée, ou du moins oubliée par l’Empereur avant même la ratification du traité par la Cour de Téhéran. L’Empereur  ayant signé la paix à Tilsitt avec la Russie n’y fit aucune réserve pour la restitution de la Géorgie à la Perse , malgré les termes formulés de l’article « 4 » du traité de Finckenstein.

Un Ambassadeur persans Etait arrivé au quartier général  de l’Empereur: il était temps de nommer un ambassadeur à la Cour de Perse. L’Empereur y pourvut de 12 avril 1807.

Les instructions du Général Gardanne sont du 10 mai:

«  La pensée de sa mission est toute entière dans cette phrase: «  la Perse est considérée par la France sous deux points de vues: comme ennemie naturelle de la Russie et comme de passage pour une expédition aux Indes.

Tout le reste en découle. Les exacts renseignements qu’il devait envoyer à l’Empereur sur la force de l’armée et sur les routes de l’Inde, les communications qu’ils devait établir avec les Haratis. Tout se rattache à ce double point de vue et principalement à l’expédition contre l’Inde anglaise. Car l’Empereur voulait  dès lors  et prévoyait la paix avec la Russie. Le Général Gardanne était de plus autorisé à conclure à Téhéran un traité de commerce avec la Perse sur les cases des traités de 1708 et 1715.

 Le Général Gardanne n’était pas encore arrivé à Constantinople. Quand la paix fut signée à Tilsitt entre la France et la Russie. La Perse n’avait pas été comprise dans le traité qui ne refermait aucune stipulation relative à la Géorgie. C’était une première déviation du traité de Finckenstein du 4 mai, dont les négociations ultérieures du Général Gardanne devaient se ressentir. Il fallait effectivement modifier les instructions  précises de travailler à un rapprochement entre la Russie et la Perse et diriger tous les efforts à Téhéran contre l’Angleterre. On lui écrivit donc en ce sens le 26 août et pour justifier l’oubli des intérêts de la Perse, on lui fit observer que le traité du 4 mai n’était pas justifié, ni même probablement connu de Fath’Ali Schah: la France n’avait pu stipuler pour la Perse dans l’ignorance où l’on était du parti que prendrait ce gouvernement. Cependant à la même époque, les Russes, maître de la Géorgie et satisfaits de leur succès , demandaient à traiter avec la Perse qui s’y refusait en alléguant des engagements avec l’Empereur auquel elle semblait confier ses intérêts et envoyait un second ambassadeur, Asker Khan.

Le Général Gardane arriva le 4 décembre 1807 à Téhéran. On y connaissait alors la fin de la guerre entre la Russie et la France et l’entier oubli des intérêts de la Perse dans le traité de Tilsitt. Or la première nouvelle des événements, le Schah avait témoigné quelque froideur à M. de Laflanche. Mais ils n’influèrent pas sur l’accueil fait au GG qui fut reçu avec de grands honneurs et le plus vif empressement. le GG échangea aussitôt avec le Vizir les ratifications du traité d’alliance de Finckenstein, conclut avec lui une ratification pour l’envoi en Perse  de 20000 fusils de munitions et signa aussi un traité de commerce qui accordait aux négociants français l’exemption des droits de douane pendant et qui fixait à 3% tant à l’entrée qu’à la sortie qu’ils auraient à payer par la suite. L’article 7 de ce traité porte que la Perse cède à la France en toute propriété l’Ile de Kharek mais en subordonnant cette cession à accomplissement des articles 2 , 3  et 4 du traité de Feinkenstein, c’est à dire à l’évacuation de la Géorgie et des autres provinces persanes par les Russes. Tout cela se passait dans les premiers mois de 1808 et l’on paraissait s’entendre. mais bientôt la situation changea de face et il devint impossible de se dissimuler qu’une alliance politique entre la Pue et la France, soit contre l’Angleterre soit contre la Russie n’était que la plus chimérique des illusions. En effet le GG était à peine arrivé en Perse que le gouvernement anglais de l’Inde annonça par qqs mesures de vigueur contre les Persans, l’intention de détruire sérieusement à tout prix l’influence française qui commençait à s’établir à Téhéran. Le Roi de Perse répond à ses mesures par des actes du même genre il chasse de Téhéran un espion anglais, il défend toute relation avec les anglais, il promet de leur déclarer la guerre mais alors apparaît dans le Golfe Persique une escadre anglaise à bord de laquelle se trouvait le Major Malcolm. Elle est repoussée des côtes du Farsistan et s’éloigne. Feth-Ali Schah refuse de recevoir aucune communication de M.Maccolm, comptant toujours sur l’appui de la France et ne voulant lui fournir aucune prétexte de l’abandon dans ses prétention sur la Géorgie. Cependant les Anglais ne renoncent pas à leurs desseins, ils répandent l’or avec profusions parmi les principaux fonctionnaires de la cour de Téhéran. Un nouvel envoyé M.Hardford Jones se présente dans le Golf Persique et les partisans de l’Angleterre exploitent avec habileté les embarras que causaient à la Perse du côté du nord la reprise des hostilités par le Comte Godovitch et l’indifférence trop évidente de la France pour le sort de la Géorgie.

On a vu que le GG après la paix de Tilsitt avait reçu l’ordre de travailler à un rapprochement entre la Perse et la Russie. Quand il arriva à Téhéran les hostilités étaient suspendues mais la Russie plus libre de ses mouvements depuis la paix avec la France  ne tarda pas à faire des démarches pressantes pour consacrer par un traité définitif ses conquêtes au delà du Caucase menaçant de recommencer la guerre si la Perse ne lui reconnaissait pas pour frontières le lit du kur de Arax et de Arpachaï. Ces propositions furent apportées furent apportées à Téhéran par le Baron de Wiede au nom de Comte Gudowitch en mai 1808, et rejetées par Feth-Ali Schah qui demanda un armistice d’un an et d’après les conseils du GG réclama la médiation de l’empereur sous les yeux duquel la négociation se poursuivait à Paris entre l’Ambassadeur de Perse Asker Khan et le Comte de Tolstay, Ambassadeur de Russie. Le Comte Gudovitch parut y consentir et aussitôt le Roi de Perse envoya les instructions nécessaires à Asker khan tandis qu’il sollicitait directement de l’Empereur et faisait écrire à ses ministres par les siens pour qu’il se chargeât de cette médiation. Mais la France et la Russie repoussèrent  en même temps les propositions de la Perse. Le G. Godowitch  instruit le premier des résolutions de son gouvernement se mit en devoir d’exécuter les ordres qu’il en avait reçus et reprit une attitude hostile pendant qu’Abbas Mirza et le Roi de Perse comptaient toujours sur l’intervention de la France. Dans ces conjonctures difficiles, GG à qui on ne répondait pas et qui avait engagé sa parole au Roi de Perse tenta un dernier effort. Il se porta garant du maintenir de l’état de trêve et envoya M. Lajard, 2e secrétaire de sa légation auprès du Comte Gudowitch pour lui déclarer au besoin que toute attaque de sa part contre les Persans seraient considérée comme une injure à la France. Mais déjà il n’était plus temps, la guerre avait été reprise et l’armée d’Abbas Mirza deux fois battue par les Russes qui furent cependant obligés peu à peu de lever avec une perte considérable le siège de la citadelle d’Irevan. M. Lajard trouvant les choses aussi avancées ne crut pas devoir faire au Général russe la déclaration dont il était chargé et après la levée du siège d’Irevan, le suivit  à Tiflis pour continuer la négociation.

Ce fut une grande faute qui eut les plus fâcheuses conséquences. La Cour de Perse vit avec peine qu’un agent français envoyait au G. russe par un ambassadeur de France dont la garantie devenait illusoire restât dans le camp de ses ennemis, après avoir vainement essayer de les arrêter et elle crut que la France faisait pour ainsi dire causé commune contre elle avec les Russes. Au milieu de cette crise, la position du G.G. était chaque jour plus pénible, sans instructions de son Gouvernement, depuis que les Russes avaient recommencé la guerre, il voyait chanceler la fidélité toujours douteuse de Feth-Ali Schah et n’espérait plus se maintenir longtemps à TéHéran. Il  avait déclaré, dès le mois de Juin, que si un seul Anglais était admis en Perse il se croirait obligé de se retirer et sur cette déclaration, le ministère persan avait refusé au Major Malcolm l’autorisation d’envoyer un courrier auprès du Roi, mais depuis cet avantage, Gardanne avait constamment depuis du terrain. On cherchait de toutes parts à persuader au Roi que Napoléon l’avait abandonné, qu’il ne pouvait ni ne voulait le soutenir et qu’il l’avait sacrifié aux Russes. Les Anglais allaient même jusqu’à lui promettre qu’ils l’aideraient à recouvrer la Georgie s’il voulait rompre avec la France. Un seul des ministres persans restait fidèle à l’alliance française, tous les autres gagnés par l’Angleterre travaillaient à faire triompher son influence et, quoique Abbas Mirza ne se laissât pas encore entraîner dans ce parti son vizir Mirza Buzurg s’était ouvertement déclaré contre la France. Inquiet de ces dispositions et peu assuré par le caractère personnel du Roi qu’il savait faible et avide d’argent, le GG déclara de nouveau qu’il se retirerait si un seul Anglais mettait le pied sur le territoire persan. C’était le 23 novembre1808 que dans une audience du  Schah, GG lui renouvelait cette déclaration, mais FASC répondit à l’Ambassadeur après avoir examiné toutes ses preuves de fidélité à l’Empereur qu’il ne pouvait pas refuser d’admettre les agents anglais si, dans un délais de 60 jours la France  n’avait pas fait connaître ses intentions.

Telle était la situation à la fin de 1808. La mission de M.Lajard auprès du G. russe n’avait en aucun succès. Le Roi s’avouait impuissant à braver plus longtemps les mesures de l’Angleterre et les armes victorieuses de la Russie, et G. se préparait à quitter la Perse. Ce triste dénouement était même d’autant plus inévitable que l’Empereur ne voulait pas se charger de la médiation enter la Russie et la Perse. Il fit écrire au GG le 2 novembre en ces termes:

« Il n’est pas naturel de forcer à de si longues à de nouveaux délais. Chercher à reprocher les deux états sans charger la France de l’embarras d’une discussion qui ne peut l’intéresser personnellement et qui d’ailleurs ne pourrait qu’affaiblir ses rapports d’amitié avec la Perse si elle ne se terminait pas gré de cette cour. »

Pour comble de confusion, le ministre français n’approuvait par le traité de commerce conclu par Gardane. On lui reprochait dans la dépêche que nous venons de citer d’avoir agi avec trop de précipitations et consenti à des conditions moins avantageuses que celles de 1715. Ainsi se brisaient à la fois les liens par lesquelles l’Empereur avait voulu rattacher la Perse à sa politique.

Cependant les deux mois de délai accordés par le Roi de Perse s’écoulèrent sans qu’il arrivât de réponse de l’Empereur aux lettres de ce Prince . En conséquence Sir Harford Jones, Ambassadeur d’Angleterre qui avait débarqué au novembre 1808 à Bender Bouchir, reçut le 4 février 1809 l’autorisation de se rendre à Téhéran. Sur cette nouvelle, le Général Gardanne demanda une audience au Roi ,l’obtint pour le 8, prit congé de lui et de de la cour et quitta Téhéran le 16. Sir Harford Jones y arriva le lendemain...

( L’audience de GG auprès du Fath-Ali Schah)

 

Il (GG) fut très bien reçu à Tauris par le Prince Abbas Mirza et son vizir Mirza Buzurg que l’on croyait gagné par les Anglais. Abbas Mirza qui avait chaudement puis le parti de la France et organisé une partie de son armée à l’Européenne par les conseils et les secours de plusieurs officiers français voyait avec d’autant plus de peine les Anglais prendre le dessus à la cour de son père, que son frère aîné, gouvernement de l’Irak s’était attaché à l’Angleterre et pouvait un jour s’appuyait sur elle pour lui discuter la couronne. Mais ni les efforts du petit nombre de partisans que la France avait conservés auprès du Roi, ni les efforts de Gardanne et de M. Joannin, ni la nouvelle des succès de l’Empereur en Espagne ne purent empêcher Sir H. Jones de consolider de son ascendant à Téhéran et d’obtenir le renvoi de tous les français.

(Mécontentement du gouvernement français!!!)

 

... M.Joannin eut à notifier au vizir au même ministre qui avait longtemps soutenu le parti français que l’Empereur ne voulait pas se charger de la médiation entre la Perse et la Russie, qu’il n’avait pas ratifier le traité de commerce et qu’il avait déféré à l’examen du ministre de la guerre la convention relative aux 20000 fusils. Le GG ayant échoué dans les derniers efforts auprès de FAS partit de Tauris le 7 avril 1809 et son retour en France mécontenta l’Empereur à un tel degré qu’il l’exila dans ses terres.

...

Peu de temps après le retour de M. Joannin, l’Ambassadeur persan Asker Khan quitta la France et l’Empereur qui n’avait pas abandonné ses anciens projets sur la Perse, chargea un certain M.Dutrey de se rendre à Téhéran et d’y rester en qualité d’argent et chargé d’affaires s’il recevait un accueil favorable. Arrivé près de Téhéran, M. Dutrey dut attendre pendant six semaines dans un mauvais village que F.A.S. lui fit connaître ses intentions ; mais  ce prince toujours fasciné par l’influence anglaise ne voulut ni le recevoir dans sa capitale ni le tolérer sa résidence dans son royaume et M. Dutrey dut renoncer à l’accomplissement de sa mission(1811).

Telle fut la fin des relations de l’Empereur avec la Perse. Le gouvernement de la Restauration n’a eu que des rapports fugitifs et sans caractère officiel avec la Perse. En 1819, il a reçu à Paris un ambassadeur envoyé auprès de plusieurs puissances, homme d’esprit et d’observation mais très exigeant qui était en 1825, ministre des affaires étrangères à Téhéran, quand M. Desbassagnes de Richmont commissaire ordonnateur des établissements français dans l’Inde y présenta au Roi de lettres au nom de Charles X, mais il n’est resté aucune trace ni de l’ambassade de 1819 en France ni de la mission de M. de Richemont.

 

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